
Je me suis réveillé avec la vision claire d'un livre.
La couverture semblait être une de celles des Éditions Gallimard.
Même si vous vivez depuis longtemps à l'étranger, vous voyez sans doute à quel objet cellulosique je fais allusion.
Son titre, bien lisible, en Bodoni rouge, "Audelà du bricolage" était bien celui que j'avais donné à une suite d'écrits oubliés.
Je connus alors le sentiment d'un livre que j'aurais rédigé sans m'en savoir l'auteur.
Mais était-ce bien le livre que j'avais cessé de vouloir écrire ou bien un autre livre, celui que j'aurais imaginé écrire, mais sans jamais y parvenir. Celui-ci, en tout cas, avait été publié à mon insu.
D'ailleurs le nom de l'auteur, "Isidore Pataquès", n'était pas le mien.
Un pseudonyme certainement. Cependant en feuilletant cet ouvrage je retrouvais de nombreux éléments qui relataient, en les travestissant, des événements de mon existence passée. Le style même, ne m'était pas inconnu. Je retrouvais des phrases que j'étais certain d'avoir rédigées. On m'espionnait, si c'était possible, au fond de mes pensées? Qui connaissait ma vie? Qui pouvait la raconter, si précisément, sans avoir eu la possibilité de l'entendre ou de la lire? Je décidais donc d'écrire en empruntant le pseudonyme de celui qui se servait dans ma mémoire. Et j'entrepris ainsi le récit des aventures d'Isidore Pataquès, sans respecter la sienne.