dimanche 25 mai 2008

Le plagiaire


Je me suis réveillé avec la vision claire d'un livre.
La couverture semblait être une de celles des Éditions Gallimard.
Même si vous vivez depuis longtemps à l'étranger, vous voyez sans doute à quel objet cellulosique je fais allusion.
Son titre, bien lisible, en Bodoni rouge, "Audelà du bricolage" était bien celui que j'avais donné à une suite d'écrits oubliés.
Je connus alors le sentiment d'un livre que j'aurais rédigé sans m'en savoir l'auteur.
Mais était-ce bien le livre que j'avais cessé de vouloir écrire ou bien un autre livre, celui que j'aurais imaginé écrire, mais sans jamais y parvenir. Celui-ci, en tout cas, avait été publié à mon insu.
D'ailleurs le nom de l'auteur, "Isidore Pataquès", n'était pas le mien.
Un pseudonyme certainement. Cependant en feuilletant cet ouvrage je retrouvais de nombreux éléments qui relataient, en les travestissant, des événements de mon existence passée. Le style même, ne m'était pas inconnu. Je retrouvais des phrases que j'étais certain d'avoir rédigées. On m'espionnait, si c'était possible, au fond de mes pensées? Qui connaissait ma vie? Qui pouvait la raconter, si précisément, sans avoir eu la possibilité de l'entendre ou de la lire? Je décidais donc d'écrire en empruntant le pseudonyme de celui qui se servait dans ma mémoire. Et j'entrepris ainsi le récit des aventures d'Isidore Pataquès, sans respecter la sienne.

lundi 19 mai 2008

Éveil du lecteur


Dans le style : message enroulé dans une bouteille jetée dans la mer des livres, voici un petit extrait d'un commentaire... philosohique?

"Kant fut «réveillé de son sommeil dogmatique» le jour où il lut Hume, notamment la subtile et pénétrante critique de la connaissance de la causalité, développée dans la septième section de l'Essai sur l'entendement humain de I748.
Cette critique lui révéla que le jugement de causalité n'est point, comme on le croyait, un jugement analytique tirant de la cause l'effet qui s'y trouverait précontenu; mais un jugement synthétique affirmant une «connexion nécessaire» entre une cause et un effet radicalement hétérogènes l'un à l'autre. La critique de Hume montrait qu'une telle connexion n'est connaissable ni a priori par déduction (l'effet n'étant point analytiquement précontenu dans ]a cause) ni a posteriori par expérience (l'expérience ne pouvant donner à connaître que des conjonctions empiriques entre des événements «entièrement lâches et séparés», mais jamais des connexions nécessaires). Cette critique induisait au scepticisme et compromettait gravement les «lumières», non seulement celles de la métaphysique prétendant connaître des réalités transcendantes, mais celles mêmes de la physique prétendant connaître des nécessités phénoménales. Seules subsistait, scientifiquement valable, la mathématique, parce que, les jugements mathématiques étant, aux yeux de Hume, des jugements analytiques, leur nécessité pouvait être connue a priori."
Source
Jean Vialtoux, La morale de Kant, PUF
Éclaire-t-il la pensée sur la vraie nature de l'esprit ?